À tord ou a raison.

mai 10, 2008 by lepianistesolitaire

Je pars dans quelques heures pour Cuba, rempli d’espoir, confiant, fébrile, mais aussi un peu stressé.

Je vous raconterai comment cette aventure a pris naissance quand je serai de retour dans une semaine.

Je vous dirai comment j’ai décidé de faire ce choix d’aller quérir ailleurs que dans mon pays, un diagnostic qui permettrait peut-être de trouver le traitement qui me délivrerait de mes douleurs aux pieds.

Heureusement, depuis que Louise et moi allons à Cuba l’hiver, nous avons développé un réseau d’amitié auprès des employés de l’hôtel et nous avons appris à connaître les Cubains. Le peuple cubain est beau, aimable, travaillant, pauvre, mais généreux, pauvre mais talentueux, pauvre mais instruit, pauvre mais bien soigné.

Je ne rentrerai pas dans la porte du monde diplomatique. Pour nous, ce qui importe c’est que nous aimons ce peuple magnifique et que nous retournons chaque hiver dans ce pays extraordinaire parce que avant tout nous aimons ces gens.

Puisque la médecine m’a abandonné dans mon pays, je me tourne vers des gens qui ont à coeur de chercher et de trouver le pourquoi et le comment de mon cas. Là-bas, les médecins de toutes les spécialités se parlent, mais surtout, nous écoutent. Ils prennent le temps d’entendre ce que nous avons à dire et en tiennent compte dans la recherche des causes de nos maux.

Je trouve inacceptable d’entendre des médecins d’ici déblatérer contre la médecine de Cuba.
J’ai entendu des insanités comme:
- Cuba, un pays pauvre, ne peut pas offrir des soins équivalents ou supérieurs à ceux des pays               démocratiques et riches.
- Cuba ne possède pas de médicaments capable de soigner les gens correctement ni les équipements modernes, issus des nouvelles technologies, qui servent aux examens pointus essentiels à l’analyse.

Les médecins de Cuba traitent la rétinite pigmentaire et les méthodes de travail employées permettent de stopper la progression de la maladie. Il y a plus de 20,000 opérations du genre qui sont pratiquées annuellement et des médecins d’ici, placés devant l’évidence même, puisque leurs clients reviennent “améliorés”, refusent encore d’admettre que la médecine cubaine les supplantent royalement.

Qu’il est donc facile de dénigrer celui qui nous surpasse. 

La notoriété des Québécois est fondée dans ce domaine. 
Si quelqu’un réussit dans la vie, il faut le démolir à tout prix. 
Ça s’appelle du nivellement par le bas et pour les dénigreurs, des bas ça pue. 

J’en ai la certitude car ils sont nombreux ceux qui n’ont jamais regardé mes pieds alors que j’allais les consulter pour ça justement.

Lâche pas mon Ti-Bas. 
P.S. Je commence à croire que quand tu as tort, il faut persévérer dans ton idée. Un jour tu auras raison.

Les bras coupés!

mai 9, 2008 by lepianistesolitaire

Je n’arrive pas à y croire, mais faut-il s’attendre à autre chose de la part des impérialistes de ce pays.

Le Kanada, créature né en 1867, prend la pôle dans les fêtes de la fondation de la Nouvelle-France et de la ville de Québec.

En 1608, alors que Samuel de Champlain fonde Québec, il n’y a pas de Kanada tel qu’on le connaît aujourd’hui, anglais principalement. Le Kanada de ce temps ne porte pas le nom de Kanada que Jacques Cartier lui avait donné lors de sa découverte.

La ville de Québec fondée par Champlain, appartient à ce que les Français désignent comme étant la Nouvelle France. Ce pays est alors totalement français. La langue qu’on y parle est le français. L’Anglais qui s’y pointe est l’ennemi et combattu. Ce pays demeure français jusqu’en 1763. Ce pays est conquis par l’Angleterre en 1760, par la force, par les armes, c’est une agression contre la France. C’est une agression contre le peuple français, contre le peuple du Québec, de la Nouvelle France. Personne en ce pays n’a demandé aux Anglais de nous conquérir et de nous imposer sa langue, ses lois, ses manigances pour nous faire payer ses dettes.

Il faut un sacré culot qui n’appartient qu’aux peuples conquérants, colonialistes, pour s’imposer  de cette manière dans les fêtes du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec.

Imposer au Québec la Lieutenant-Gouverneuse du Kanada actuel dans le coup d’envoi des fêtes du 400e et des cérémonies entourant ce projet, en France, alors que le Premier Minus de la Province de Québec n’est même pas là, représenté par son Minus Couillard, est une honte incommensurable et en plus, il faut qu’un Sarkosy déclame haut et fort que la France aime le Kanada autant que le Québec. Je comprend que le Présidente français ne veuille pas de froid diplomatique avec le Kanada, mais il me semble que les diplomates auraient pu intervenir et laisser sentir sous la couverture que ce n’était peut-être pas la meilleure idée que d’inviter la Gouverneuse-Générale et non le Premier Minus.
On est loin du désir du Général de Gaulle.

Faut dire que le “Premieur” n’a pas les couilles nécessaires pour s’imposer dans ça, puisque déjà il est aplaventri devant les impérialistes de ce pays.

Je rage et je suis certain de ne pas être le seul.

Mais où sont les Québécois fiers de leur race, de leur langue, de leur Histoire, de leurs ancêtres, pour se lever et porter bien haut le flambeau, de leurs bras meurtris? À croire que les québécois n’ont plus de bras. Personnellement, les miens me sont tombés en constatant cette récupération affreusement politico-merdo-dégueulasse.

Go Habs Go!

La faim dans le monde.

mai 8, 2008 by lepianistesolitaire

En reprenant la plume, je savais que je n’allais pas m’arrêter à uniquement parler de mon aventure à Cuba.

Il y a tellement de merdes dans le monde qu’il est pratiquement impossible pour un gars comme moi de ne pas avoir envie de gueuler contre quelques-unes de ces immondices qui entachent une partie du genre humain. Ce genre humain privilégié, celui du monde capitaliste, riche, dépensier, consommateur, pollueur, qui possède 95% de la richesse de la planète. Celui qui mange à satiété, voire, au delà de sa panse, comme il dépense.

Ce monde là, a décidé un jour de produire de l’essence supposément moins polluante.
Ce monde là tente de convaincre ses adeptes d’utiliser cette essence le plus possible.
Pourquoi?
Parce que ce monde là fait du fric avec cette essence, voilà pourquoi!
Mais avec quoi est faite cette essence?
Avec du maïs!
Est-ce que le maïs est fait pour devenir de l’essence ou pour nourrir le monde, l’autre monde, celui qui n’a rien, qui ne dépense pas, qui ne consomme pas, qui n’a pas accès aux médicaments ni à un système de santé gratuit, voire même à un système de santé tout court. Cet autre monde, que l’oeil de ce monde ne saurait voir, il crève de faim. Cet autre monde qui consomme presqu’uniquement du maïs, voit le prix de ce maïs monter en flèche, parce que ce maïs devient rare. Il devient rare parce qu’on le transforme en Éthanol et qu’on brûle cet Éthanol dans ce monde en ignorant totalement que dans l’autre monde, des bouches affamées n’en peuvent plus de crier à l’aide.

Et alors ce monde lance dans le champs de maïs, des millions en aide internationale pour pallier à cette pénurie. Mais ce n’est pas la solution au problème de l’autre monde. La Solution, ce serait de permettre à cet autre monde de s’auto-suffire. Leur montrer comment cultiver, leur fournir des outils  en nombre suffisant, des graines à planter, pas des trucs transgéniques qu’il leur faudra acheter à gros prix, mais des vrais semences qui se renouvellent.

Ensuite, arrêtons de produire de l’essence avec le maïs. Et pour être certain que ce monde arrêtera de produire de l’éthanol avec le maïs, il faut qu’une grande partie de ce monde se lève et décide qu’il en sera ainsi. La seule manière de les convaincre, c’est de ne pas consommer cet Éthanol.

J’ai honte du genre humain qui laisse mourir la moitié de ses frères, de faim, de maladie, de toutes sortes de souffrances que ce monde qualifie d’inhumaines quand elles se produisent dans son monde, mais qu’il ne veut ni voir, ni entendre quand elle se produisent dans l’autre monde.

Peuples de ce Monde, réveillez vos endormis de politiciens!

Dans la tente du départ.

mai 7, 2008 by lepianistesolitaire

Je suis dans la tente du départ. C’est dire à quel point j’ai hâte.
Le camping ne me plaît plus alors j’aimerais bien quitter la tente et monter à bord du AirBus 320 de Cubanair.

C’est samedi que vient le grand départ. Je suis confiant et je fonde encore une fois, plein d’espoirs dans ce voyage. Dans le voyage oui, mais surtout dans la connaissance et l’expérience des médecins cubains qui auront la responsabilité de trouver ce qui semble introuvable ici.

Quel défi pour eux!

En effet, je considère qu’ils ont un défi extraordinaire à relever, celui de trouver les causes de mes maux de pieds alors qu’après 5 ans, la médecine supposément moderne et exceptionnelle (évidemment puisqu’elle est capitaliste) qui n’a pas su me délivrer de mes emmerdes.

J’imagine la tête des médecins qui me soignent, surtout celle de mon médecin de famille. Car ceux de la Clinique de la douleur ont bien tenté au fil des ans de me soulager. Eux, ils ont été des plus compatissants. Ils m’ont écouté et ont certes compris mon désespoir. Mais ils n’ont fait que soulager, ils n’ont pas réglé le problème.

La douleur, c’est quelque chose qu’il ne faut pas éliminer totalement. C’est un signe qu’il y a quelque chose d’anormal. C’est un système d’alarme exceptionnel que le corps met à notre disposition. Ainsi, je connais bien ce qu’est la douleur, surtout après avoir souffert durant 4 mois de l’inflammation du nerf trijumeau, sans compter mes trois pierres aux reins, à un an d’intervalle entre chaque caillou. Trois fois où le coup de poignard m’est arrivé sans crie gare, comme un chien, gare au chien.

Mais cette douleur quasi permanente, elle ne sert plus à rien. L’alarme a été sonnée il y a 5 ans et la police n’est pas encore arrivée. Cette douleur, elle ne fait que me faire souffrir, comme la sirène du système d’alarme qui ne cesse de fonctionner et nous perce les oreilles de ses ondes stridentes, aigües, cuisantes.

Dieu que j’aimerais que les médecins cubains trouvent la cause de mes douleurs. Pas seulement pour moi, mais aussi pour eux, pour encore une fois démontrer leur capacité, leur expérience, leurs connaissances, leurs intérêts, leurs méthodes de travail. Démontrer aussi que la connaissance n’a rien à voir avec la démocratie ou le capitalisme. Castro aura su soigner et instruire son peuple. Il ne faut pas dire éduquer car le peuple cubain est grandement éduqué et le savoir-vivre là-bas est exceptionnel comme le sont le partage, la compassion et la gentillesse, qualités qui se sont largement perdues dans ce monde démocrasse et capitapiasse que nous croyons idéal.

Je me suis maintes fois plains de la manière dont mon cas était suivi.
On m’a fait faire plein d’examens durant ces derniers 5 ans.
Je crois que ces examens furent dictés au hasard la plupart du temps.
On essayait un truc, puis un autre, mais il ne me semblait pas y avoir de plan de match.
Au cours de ma carrière, j’ai eu plein de problèmes pour lesquels je devais trouver des solutions. Avec mes collaborateurs, nous cherchions systématiquement, en commencant par éliminier les idées les plus simples - les causes les plus évidentes - jusqu’à aller de plus en plus pointu, en notant ce qu’on  faisait et surtout en y allant scientifiquement, de manière à trouver la solution la plus pertinente.
Nous ne lâchions jamais. D’ailleurs combien de fois n’ai-je entendu ça de la part de mes employés.
J’avais la réputation de ne jamais lâcher.
Je cherchais, je trouvais aussi.

Je pars confiant. J’ai vu le plan de match des médecins cubains.
Ils ont reçu un résumé de mon dossier et ils ont établi un plan de match pour mes examens.
À la lecture de ce plan, on comprend que tout ce que l’on m’a fait subir en 5 ans ici, dans ce Québec au système de santé dépérissant, je vais le subir en 5 jours à Cuba. Eux, ils travaillent systématiquement, en allant du plus simple au plus compliqué et scientifiquement, en écartant les causes improbables pour atteindre  leur but non pas en essai/erreur, mais en analyse logique.  

Je prépare ma valise.

Se faire soigner!

mai 6, 2008 by lepianistesolitaire

Vous savez sans doute que j’ai mal aux pieds depuis plus de 5 ans.

Vous savez peut-être moins à quel point je souffre de ces douleurs, malgré qu’en apparence, rien ne permette de penser un seul instant que mes douleurs sont parfois insupportables, qu’elles sont toujours présentes, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Il y a aussi des dommages collatéraux que la plupart des gens n’imaginent pas. Ces douleurs ont changé ma vie, mais pire encore elles ont changé aussi celle de ma Louise.

Si j’étais couché dans un lit, enrobé de bandelettes suintantes de sang, on comprendrait ma douleur.
Mais qui voudrait qu’on le prenne en pitié. Certainement pas moi.
J’aimerais parfois que l’on comprenne ce que je vis au jour le jour.
Oui, je sais, ce n’est pas mortel.
M’a dire comme s’te gars: “Une maudite chance!”

J’ai passé 5 ans de ma vie à endurer ces douleurs, toujours plus difficiles à supporter.
Je me suis traîné dans le bureau de mon médecin de nombreuses fois.
Tant et si bien qu’avec le temps et n’ayant trouvé aucun nom à mettre sur mon problème, mon médecin a finalement atteint son seuil d’incompétence et elle ne peut pas supporter sa vue dans le miroir le matin en se maquillant. Elle sait qu’elle ne peut rien faire pour moi. Alors elle me ramène le problème avec  des “Pas encore vous!” quand elle me voit entrer dans son bureau.

J’ai roulé ma bosse dans de nombreuses cliniques de toutes sortes de médecines douces, de …frotteux, de charlatans et de soigneurs à la manque, qu’ils soient médecins, spécialistes de tout genre ou autres …pathes, …logues et …âtres de tout acabit.

J’ai subis des centaines de prises de sang, de radiographies, de “scans” ou imageries numériques, de visites en médecine nucléaire, en clinique de la douleur, rien n’y fait, personne ne trouve ce que j’ai.

Et ce que j’ai, on doit, dans la rectitude Hyppocrite, d’y mettre un nom.
Ainsi, on a choisi “douleurs neuropathiques aigües de source inconnue”.

On vit au XXIe siècle, les savants envoient des satellites en orbite autour de Pluton et y prennent des photos spectaculaires, y font des relevés de toutes sortes. On a inventé. Internet, iPod, Blackberry etc…. mais personne ne sait ce que j’ai.

Je me suis traîné souvent dans les Urgences des hôpitaux, spécialement celui de mon coin, le Centre Hospitalier Pierre-Boucher. Quelle merde que d’aller à l’urgence et attendre au minimum 8 heures pour voir un médecin Urgentologue, trop souvent fatigué des longues heures de travail sans arrêt qu’il doit assumer. Il ne comprend pas que je me présente là pour un mal de dos. Pourtant  je lui explique mon cas et il convient que parfois on n’a plus d’option. C’est tout ce qui reste si on veut se faire soigner, mais encore.

Avec les cas terribles qu’ils ont à traiter en Urgence, évidemment que je me sentais mal d’aller là, mais que faire quand tu as mal et que rien ne règle ton problème?

L’Urgentologue que j’ai vu a quand même trouvé que j’avais beaucoup d’arthrose dans la colonne lombaire. Il veut même me faire subir un examen en médecine nucléaire, ce que j’ai déjà eu je ne sais quand et que je devrai probablement refaire. Trouveront-il autre chose ou confirmeront-ils que cette fois, j’ai bel et bien de l’arthrose. Comment se fait-il que j’aie tant d’arthrose sans que les nombreux médecins  vus auparavant n’aient jamais constaté ça?

Il faut dire que sur la quinzaine de médecins que j’ai  vu depuis 5 ans au sujet de mes douleurs aux pieds, il n’y en a que deux qui ont réellement examiné mes pieds. Les autres s’en foutaient carrément, à croire que je puais des pieds. Ils n’ont jamais regardé mes pieds, encore moins les ont-ils pris dans leur main, les ont-ils touchés.

Y a-t-il autant de Normand Brathwaite dans le monde de la médecine?
(On sait que Normand déteste les pieds.)

 

Bref, ma décision est prise. Ma confiance dans le système de soins du Québec, dans la médecine du Québec, est fortement ébranlée. Je ne comprends plus que dans mon pays, on en soit rendu là. C’est une honte! Inimaginable comme situation et pourtant, elle est bel et bien là cette détérioration de notre système de santé. Quelle honte que d’avoir à se rendre dans un pays pauvre comme Cuba pour aller se faire soigner. Mais pauvreté n’est pas synonyme d’incapacité.

Je connais les Cubains et je sais qu’ils ont une grande réputation mondiale comme médecins. Aussi, c’est sans crainte et rempli d’espoir que je m’y rendrai bientôt pour y subir des examens visant à trouver une fois pour toutes ce qui est la cause de mes maux de pieds qui sont devenus pour moi un sujet de conversation quotidien et dont les douleurs sont de plus en plus difficiles à endurer. Il en va de ma qualité de vie et de celle de ma Louise.

Je vous reviendrai bientôt avec le récit de mon aventure à La Havanne.

Ça y est! Je suis revenu.

mai 6, 2008 by lepianistesolitaire

Après avoir abandonné mon blogue, je reviens à l’écriture.
Ça me manque trop de ne pas écrire. Il faut que je m’y mette.
C’est pour moi, le meilleur moyen de m’évader.

Vous savez que j’ai des douleurs neuropathiques aigües sans cause déterminée.
En bon français, ça veut dire que personne ne sait ce que j’ai.
Il me faut donc trouver comment vivre avec ça et je vous avoue que ce n’est pas facile.

Évidemment, de quoi je me plains?
Après tout, cela ne fait pas mourir, ça ne fait qu’emmerder ma vie et celle de ma femme.

Alors, pour m’évader de mes douleurs, je tape sur le clavier de mon ordinateur.

Voilà… C’est tout pour aujourd’hui. Je vous reviendrai avec autre chose demain.